Préambule : Les
avancées technologiques depuis le début des années quatre vingt
dix, par la miniaturisation et la rapidité toujours plus grande
des micro processeurs, ont permis la conception d’outils de gestion
de plus en plus puissants et sophistiqués.
Ce qui
était impensable sous le règne des gros ordinateurs des salles
informatiques d’entant, s’est avéré réalisable de par l’avènement
des ordinateurs toujours plus performants. Les tâches répétitives
nécessitant de grandes puissances de calculs et des rapprochements
de masses d’informations de plus en plus volumineuses dans des
laps de temps de plus en plus courts sont devenues accessibles
aux entreprises de toutes tailles.
Dans
cette évolution, la gestion industrielle n’a pas fait exception,
les outils de gestion et d’aide à la décision ont fleuri sur le
marché en réponse à la forte demande des entreprises artisanales
et industrielles.
La GPAO,
gestion de production assistée par ordinateur, a suivi le mouvement
par une offre diverse dont les solutions proposées sont bien souvent
adaptées à un type de production. Il demeure toutefois dans ce
type d’applicatif un point noir peu satisfait au regard de la
demande et des possibilités technologiques, c’est celui de l’optimisation
de la production dans une vraie démarche de réflexion sur les
scénarios d’ordonnancement des tâches en atelier pour un objectif
global du meilleur rendement au service du délai client.
Genèse
d’une expérience : Mon
vécu dans ce domaine d’application, par le suivi continu d’une
unité de production se transformant en l’espace d’une vingtaine
d’années en un groupe industriel de onze usines en Europe, fut
l’occasion d’explorer la problématique par la conception d’une
solution maison. Ce nouvel outil logiciel respecte les standards
du genre, sa conception s’est appuyée sur l’expérience des intervenants
demandeurs au sein de l’entreprise qui, pour la plupart d’entre
eux, étaient issus d’un groupe industriel mondial dont la gestion
de la production était assurée par l’outil phare de l’éditeur
IBM.
Les
objectifs assignés par la direction générale de l’époque étaient
constitués pour l’essentiel de la structuration des données techniques
des produits fabriqués, avec une gestion élaborée des ordres d’approvisionnements
: produits et commandes matières.
Très
vite l’exigence de définir le besoin en terme d’ordre d’achat
et de fabrication s’est fait sentir, la direction replaçant la
barre toujours plus haute dans ses objectifs de montée en puissance
de l’unité de production.
Un premier
projet de gestion d’approvisionnement comparable à un CBN, outil
majoritairement proposé dans les solutions actuelles du marché,
a été réalisé. Le rendement n’a pas été jugé à la hauteur des
attentes, et c’est ainsi que par le dialogue avec les membres
du staff de l’opérationnel en atelier, un nouveau projet a été
lancé. En réponse au défit de la direction et de ses cadres, j’ai
modélisé un nouvel outil dont l’ambition était de gommer les imperfections
du CBN nouvellement réalisé, par l’extension du traitement à la
prise en compte globale de toutes les ressources de la production.
J’ai conçu une solution, sans vraiment le savoir à l ‘époque de
type MRPII JAT. Les mises au point d’un tel outil ont pris un
certain temps, les délais d’ajustements pour le rendre opérationnel
étant proportionnels à la complexité du sujet traité. L’appréhension
d’une telle complexité a d’ailleurs nécessité une révision de
mes principes de développement d’applications informatiques, par
le recours a ce que l’on a appelé un peu plus tard l’approche
objet et la conception de composants spécialisés et réutilisables.
Le nouvel
outil est pleinement opérationnel en 1993.
D’une
situation dégradée lors de la prise de service d’un nouveau directeur
général en 1988, l’entreprise était en redressement judiciaire,
elle a été classée en 1995 parmi les 100 premières entreprises
Françaises en terme de performance industrielle. Elle a fortement
progressé dans les années de tourmente sur son créneau de production
dans une région industriellement sinistrée.